Thom Thom
Sa guerilla art lui a valu quelques séjours dans les commissariats de police. Détournateur du mercantilisme affiché sur les murs de la ville, Thom Thom, armé de son cutter, réorganise le message publicitaire pour l’anoblir au rang d’art urbain.
Découpée, lacérée, recollée, la réclame consumériste subit une violente mutilation qui la métamorphose en œuvre artistique engagée. Ephémère par essence, l’objet du délit créatif, à peine achevé, est souvent recouvert d’une bonne vieille pub traditionnelle.
Mais Thom Thom n’a pas perdu son temps. Pendant les longues heures que lui prend son street relooking, l’artiste a pu expliquer aux passants les tenants et aboutissants de sa démarche.
Nourri de culture situationniste, Thom Thom est évidemment un créateur engagé. Les marques, avec lesquelles cet expert appartenant à la génération des moins de 40 ans a été élevé, ne sont pas le problème premier. C’est le suivisme dont elles font l’objet que l’artiste fustige. Avec un coup de griffe jusque-là inégalé.
Thomas Schmitt, alias Thom Thom, sévit dans un quartier du 11e arrondissement de Paris. Cutter en main, il découpe, dissèque, taillade. Sa victime, le panneau publicitaire de quatre mètres par trois, son matériau de prédilection. Sa technique, il la qualifie d’ « échantillonisme ».
| Depuis 2000, Thom Thom s’attaque dans la rue aux panneaux publicitaires. Il y découpe, sculpte, cisèle les affiches pour composer ses oeuvres. Une couche, deux couches, dix couches : tout son travail joue sur l’épaisseur. Il est encore plus éphémère que ceux de ses congénères du street art, soumis aux contrats publicitaires sans cesse renouvelés. Avec « Échantillons », ce sont dix ans de ce travail dans la rue que Thom Thom propose pour la première fois en galerie. |
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En mars 2000, l'artiste de rue, Thom Thom, publie son manifeste sur l'échantillonisme dans les petites annonces du journal Libération. Dès lors, il se met au travail dans le quartier Oberkampf de Paris, point de concentration de panneaux publicitaires. Il ne s'inscrit pas contre la publicité, mais tente par sa technique du brouillage ou du détournement de la transformer en art. Ses influences revendiquées : l'artiste Villéglé et l'esthétique situationniste.
A l'origine du M.U.R. (Modulable Urbain Réactif)
Thomas Schmitt appartient à la nouvelle génération d'artistes urbains, puisqu'il commence à détourner et brouiller les affiches publicitaires dans le courant de l'année 2000 (article : A coup de griffes sur les murs). Rapidemment, il se fait une réputation et les habitants du quartier, où il s'attaque à la publicité, l'invitent à continuer. Dans ce contexte, il fait la connaissance de Jean Faucheur. Cette rencontre annonce les prémices du M.U.R. :
Thom Thom FLORENCE PACAUD©RADIO FRANCE
A force de discussions et de persuasions, l'association obtient, de la municipalité, le retour du panneau en 2007. Le mur devient donc officiel, voire institutionnel. Pour Thomas Schmitt, secrétaire de l'association, il est aussi un média :
Une histoire de l'art urbain
En moyenne tous les quinze jours, les artistes se succèdent pour recouvrir le panneau de leur oeuvre. Chaque contribution est répertoriée sur le site de l'association. C'est à Zlotykamien, àgé alors de 67 ans, qu'est revenu le privilège d'inaugurer le mur le 25 janvier 2007. Depuis, l'histoire de l'art urbain s'inscrit en éphémère selon le principe de l'affichage publicitaire :
Mais cette officialisation d'un panneau n'est-il pas contraire au principe de l'art urbain que l'on imagine spontané ? La réponse de Thomas Schmitt :
http://www.franceculture.com/2011-05-18-du-mur-officieux-a-l-institution.html